UNE VIREE DANS LES MILFORD SOUNDS


Ce vendredi matin-là, avec ma pancarte colorée, je lève mon pouce à Invercargill pour rejoindre Te Anau. Je suis prise en stop par un Indien qui me rapproche un peu, et me dépose à Winton. Dans ce bled-là, par contre je galère un peu.

Il y a ce mec chelou qui me propose de m’emmener :

(Read this post in English!)

Te Anau Lake

PARFOIS L’AUTO STOP C’EST UN PEU CRAIGNOS

« – Mais c’est où Te Anau, c’est loin ?

– A peu près deux heures de route, je dirais.

– Ben écoute, je finis le boulot et je peux t’emmener. Tu bois de la bière ?

– Non, je ne bois pas. Mais c’est pas sur votre chemin en fait ?

-Non, mais tu vois moi je vois une jolie fille qui fait du stop, je me dis que je peux t’emmener. T’es mariée ?

– … Heu. Oui. Oui, oui. Mon mari m’attends à Te Anau justement.

– Ok, je finis mon boulot là, et je repasse dans un quart d’heure, si personne ne t’a prise, je t’emmène.

– … »

Et heureusement. HEUREUSEMENT. J’ai croisé la route d’un backpacker israélien qui se rendait à Te Anau. Mec, tu m’as sauvé la vie.


BIENVENUE A TE ANAU!

Les lamas du voisin de Bob & Maxine

Je m’installe au Bob & Maxine Backpackers, qui est plutôt excentré de la ville et du lac, mais c’est vraiment confortable, les hôtes sont adorables et surtout, il y a des vélos en libre accès ! Le soir, j’aurais aussi droit de participer à Shabbat, car un groupe d’israéliens s’est réuni pour l’occasion. A savoir, traditionnellement, Shabbat, c’est un repas commun et copieux du vendredi soir, que l’on partage en famille ou entre amis. Si je vais en Israël un jour, je tâcherais d’arriver un vendredi.

Je profite du lac, de Clémentine, de Julius aussi que je retrouve à peine quelques jours après l’avoir quitté sur Stewart Island. Et surtout j’ai droit à l’entretien d’embauche le plus rapide de l’histoire de l’embauche au café Bailiez. En fait, Yazan, le chef, m’attendais déjà (merci Clémentine-les-bons-tuyaus) et en gros le contrat était déjà prêt. Pas de CV, pas d’entretien, je suis engagée et je commence mardi en tant que kitchen hand.


MAIS CE SONT LES MILFORD SOUNDS QUI ME FONT RÊVER

En attendant, ce sont les Milford Sounds qui me font de l’œil. Alessio et son nouveau compagnon de route, Simon, un jeune allemand, me rejoignent pour partager la croisière avec moi. J’ai pas revu l’Italian Lover depuis plus de deux mois. La dernière fois, je traçais ma route pour Oamaru. On est quand même restés en contact. Lui parler me soulage. Et pourtant, lorsque je l’aperçois, en cette fin d’après-midi-là, je ressens une gêne profonde dans mes tripes. C’est pas si simple que je croyais, de le voir à nouveau et de passer du temps avec lui. Je vois bien de son côté c’est pas si simple non plus. On ne sait vraiment pas comment se comporter l’un avec l’autre. On est amis, certes, mais beaucoup plus aussi, non ? Mais on est pas dans une relation romantique non plus. On s’enlace ? On s’embrasse ? Moi je suis toute paumée. Notre embarras mutuel mettra tout le week end à se dissiper.

J’ai booké sur BookMe pour une croisière à 12h30 ce dimanche-là. On décolle de Te Anau vers 9h, parce que mine de rien, la route est longue. 2h30 de route sinueuse au milieu de nulle part. Des virages, plutôt serrés même, des forêts enchanteresses, des rivières, des rochers et BOUM. Des montagnes enneigées et des cascades. Honnêtement, c’est le plus beau trajet en voiture que j’ai fait de ma vie. Sans déconner. Cette beauté a un nom: la Milford Highway.

Milford Highway

Sauf que… Ben Alessio a pas prévu le coup de l’essence, et qu’on est au milieu de nulle part, et qu’il n’y a pas de villes, villages, lieux dits autour. Vraiment pas. On panique. On trouve un endroit où acheter de l’essence d’urgence (ouais on est pas les seuls TOURISTES ici, hein) à 4$/L autant dire au double du prix normal. On met juste assez pour pouvoir arriver sains et saufs aux Milford où, avec de la chance, on pourra faire un plein normal.

Arrivés aux Milfords, on fabrique des sandwichs dans le coffre du van et c’est parti. Les alentours sont superbes, on est au milieu de montagnes verdoyantes avec des sommets enneigés. Arrivés au port, mes yeux s’écarquillent encore plus. Je comprends pourquoi cette région s’appelle le Fiordland. Pour rappel, un fjord est ce qui reste après qu’un glacier se soit retiré d’une vallée montagneuse. La mer se faufile alors au milieu des montagnes en général très escarpées. Ca ressemble à des bras de mer qui s’avancent dans les montagnes, parfois à plusieurs dizaine de kilomètres dans les terres. C’est un peu comme si des montagnes avaient émergées des océans, c’est tout simplement sublime.

Vue du port

Les Milford Sounds, Piopiotahi en maori, c’est aussi l’endroit le plus touristique de Nouvelle Zélande. Il y a des bus touristiques partout, de tours opérateurs du monde entier (Kuoni, notamment – une pensée à mes camarades de formation tourisme). Même que Rudyard Kipling (Le Livre de la Jungle) l’aurait appelée “la Huitième Merveille du Monde” (ouais rien que ça). On y accède uniquement par la mer, en croisière par exemple. De nombreuses balades et randonnées sont possibles dans les alentours pour prendre de la hauteur et avoir des vues fabuleuses sur les fjords. Les montagnes ne sont pas très hautes, elles culminent à 1 692 mètres d’altitude au Mitre Peak (à peine quelques mètres de plus que le Grand Ballon pour donner un exemple aux amis du Nord-Est), avec parfois 1 200 mètres de dénivelé.

Ces montagnes sont recouvertes de forêts pluviales, avec de nombreuses cascades. La région du Fiordland est un des endroits de Nouvelle Zélande où il pleut le plus, et le plus souvent (ah bon, c’est pas Stewart Island ?), du coup, ça ruisselle de partout, il y a d’immenses chutes d’eau partout, qui prennent leurs sources tellement, TELLEMENT haut dans les montagnes que ça t’en donne le vertige. Je me délecte de suivre des yeux le cheminement des eaux sur ces dénivelés, tantôt chutant de plusieurs mètres, puis se heurtant à des rochers ou des arbres, reprenant sa course un peu plus loin, plus à gauche, s’arrêtant à nouveau, serpentant plus à droite pour finalement se jeter dans la mer de Tasman.

Cascade qui serpente

On a de la chance, même si c’est venteux, il fait super beau et on peut même apercevoir lions de mer, pingouins à crête et dauphins. Quand, au bout de deux heures, il faut retourner sur la terre ferme, je vais à reculons, j’ai la tête pleine de fjords, de cascades et de vie sauvage.

Fiordland crested penguin

LA MILFORD HIGHWAY

Sur notre chemin de retour, nous prenons notre temps. Il y a pleins de balades et de chemins de rando à emprunter sur la Milford Highway. D’ailleurs ici c’est aussi le départ du Routeburn Track et du Hollyford Track. Notre choix se porte sur The Chasm, des chutes d’eau tellement puissantes qu’elles en ont érodée la roche tout autour, les cascades du Lake Marian où nous nous allongeons sur les rochers, les pieds dans la cascade et les yeux dans le ciel bleu.

Kea sur un parking
Lake Marian Waterfalls

Il y avait aussi Mirror Lake où le vent empêchait de voir le fameux effet miroir du lac. Et pour finir, mon préféré, Lake Gunn. J’y ai trempé mes pieds et apprécié la vue sur les montagnes.

Mirror Lakes
Lake Gunn

Dans le Fiordland, on se sent tout petit. On fait face à l’immensité. L’immensité des montagnes, l’immensité de la mer, l’immensité du ciel. L’immensité sauvage. On se sent tout petit, on reste silencieux.

Si j’ouvre la bouche, j’ai peur de déranger le paysage.

Wow.
Wow.

Y ALLER :

BOB & MAXINE BACKPACKERS (BBH), 20 Paton Pl, Lake Te Anau

CAFE BAILIEZ, The Distinction Luxmore Hotel 41 Town Centre, Te Anau

MILFORD SOUNDS CRUISE AVEC GO ORANGE (A réserver sur BOOKME)

MILFORD SOUNDS HIGHWAY WALKS


UNE VIREE DANS LES MILFORD SOUNDS

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