TOUS LES CHEMINS MÈNENT À AUCKLAND…


Le compte à rebours est lancé. Il me reste un peu plus de deux semaines en Nouvelle Zélande avant mon départ. C’est la fin de mon dernier roadtrip, je quitte Flo pour de bon cette fois.

Nous sommes à Auckland. Encore et toujours Auckland. Auckland, ma ville d’arrivée. Auckland une ville de rencontres inoubliables. Auckland la pluvieuse, Auckland l’ennuyeuse. On a rien vu de la Nouvelle Zélande si l’on reste à Auckland, et pourtant, en itinérance dans l’île du Nord, Auckland c’est le point convergent. Je la quitte avec soulagement à chaque fois et pourtant je ne cesse d’y revenir.

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Auckland au premier jour

WAIHEKE ISLAND

Je quitte Flo sur les quais du Ferry d’Auckland parce que cette fois c’est Alessio qui s’en va. Il quitte le pays. Alessio, vous savez, mon Italian Lover du début de mon aventure. On est toujours restés en contact lui et moi, vivant des aventures différentes, se rencontrant parfois. Il a empoché son PVT Australie, et nous décidons de passer quelques jours ensemble avant qu’il ne parte. On s’en va sur Waiheke Island passer deux nuits au Hekerua Backpackers, un backpacker super cosy avec sa grande véranda, sa grande cheminée, sa grande piscine…

Waiheke Island

Waiheke Island, j’y étais déjà allée au début de mes aventures néo zélandaises. C’est une petite île calme à quelques 30 minutes de ferry d’Auckland. Une île réputée pour ses plages, sa nature et ses vignobles. Ce serait parfait pour nos adieux sauf qu’il pleut quoi. Du coup notre exploration de l’île est limitée, on préfère ainsi s’abriter à la Batch Winery et jouer au méga-supra-dur Trivial Pursuit de l’hostel.

On parle beaucoup. Moi j’ai l’angoisse depuis un moment maintenant, surtout depuis que je passe mon temps à dire au revoir. J’avoue que je suis jalouse de son aventure en Australie, je ne me vois pas du tout, mais PAS DU TOUT rentrer en France maintenant. Je suis tellement pas prête. Il est doux, Alessio. Il a l’angoisse dans la peau, lui aussi, mais il me redonne du courage.

Waiheke Island

GRIPPEE A AUCKLAND

De retour à Auckland (encore !), je trouve moyen de tomber malade. Mais alors VRAIMENT malade. Le genre où tu peux pas te lever de ton lit superposé à la YHA parce que t’as l’impression que ton corps ne pourra pas te porter. Et t’as bien raison, tu risquerais de t’évanouir en moins de deux. Je décide de laisser couler et de passer la journée au lit. J’avais prévu de quitter Auckland aujourd’hui pour mon prochain HelpX au nord d’Auckland, je reporte au lendemain.

Alessio vient à ma rescousse, me donne du paracétamol, me cuisine pleins de légumes, me réchauffe et disons le honnêtement, il me prend totalement en charge. Parce que oui, je suis tellement sonnée que je suis presque incapable de penser. D’ailleurs son thermomètre affiche d’abord 37°, puis 38° et enfin c’est quand j’atteins les 39° qu’il me traîne chez le médecin.

La cerise sur le pompom c’est que le même jour je dois changer d’hostel car le YHA est complet. Du coup imaginez moi transbahuter mes affaires (Alessio se charge de Monster) à moitié inconsciente. Bref. Je faisais pas la fière en arrivant au K Road City Travellers Backpackers.

La doctoresse est formelle, comme je ne me remets pas toute seule, le seul remède c’est les antibiotiques. Je m’en doutais un peu, et j’ai fait la connerie de me débarrasser des miens il y a quelques temps pour alléger mon backpack. C’est diablement efficace, je me sens mieux en un rien de temps. Voilà, c’est après près de 12 mois de voyages que j’utilise enfin mon assurance Globe PVT d’ACS. Je peux vous dire à présent que c’est diablement simple et rapide, il suffit d’envoyer un formulaire avec toutes les factures par courrier ou même par mail et le remboursement se fait très rapidement.

Au total c’est quatre jours que j’ai passé au lit à Auckland, à frissonner, pioncer, totalement hébétée. Une fois encore ma reconnaissance est sans bornes envers Alessio qui a littéralement passé ses derniers jours en Nouvelle Zélande à prendre soin de ma sale gueule. C’est là que je me rends compte de la chance que j’ai eue d’avoir croisé son chemin.

Je lis sur son visage la peur de vivre cette nouvelle aventure australienne. Mais moi je l’envie tant. Alessio, celui qui cherche à se débarrasser de sa dépendance aux autres, mais qui finit toujours par voyager en groupe parce que c’est dans son sang, cette sociabilité, cette habilité à mettre les gens à l’aise. Il est bourré d’empathie, de sympathie, de douceur. Il m’est difficile d’imaginer que je vais vivre si loin de lui maintenant, lui qui était toujours prêt à venir à ma rescousse, à répondre à mes coups de fil impromptus, alors même que je n’aime pas téléphoner. Je me promets de continuer à lui envoyer des photos du ciel, même si en France les nuages sont moins fous.

Quand je le quitte à l’arrêt de bus, je me dis que c’était improbable quand même cette romance avec un Italian Lover. Et je souris. Le hasard des fois, c’est un sacré plaisantin.


HELPX CHEZ UNE DIVA DE LA TROMPETTE

Quand je me sens enfin mieux, je prends le bus pour Beach Haven et mon (avant) dernier HelpX. Je vais chez Edwina, une diva de la trompette, qui va m’héberger et me nourrir pendant une semaine. J’y rencontre les autres helpers Isabell et Christian, un couple de jeunes allemands, et Walid, un tunisien aux yeux fascinants. Edwina a aussi deux fils, Kane et Byron ainsi qu’un chat obèse nommé Cindy.

Walid, Isabell, Christian, moi & Cindy le chat

Edwina vit dans une maison à 3 million de NZ$, qui surplombe la baie de Beach Haven. Sa maison est d’ailleurs construite à l’envers, le garage est en haut, les chambres au sous-sol, et sérieux c’te baraque est juste IMMENSE. Et je parle même pas des terrasses.

Edwina vivait à l’étranger pendant longtemps, dû à son boulot. Du coup, la maison a besoin d’un peu de rafraîchissement et elle engage des helpers pour l’aider à la tâche.

Très vite je vais être assignée aux travaux de peinture. D’abord, tracer des lignes jaunes pour pas que les voitures se garent dans la pente et cassent les barrières en verre. Puis peindre les rebords de portes et de fenêtres. Lustrer la porte en bois. Peindre d’autres lignes jaunes sur des escaliers pour qu’ils soient visibles la nuit. Bref, je me démerde pas trop mal en peinture maintenant. Enfin quand le chat ne marche pas dedans.

Ma vie, mon oeuvre

Concernant le HelpX en lui-même, quand je dis qu’Edwina est diva de la trompette, j’insiste lourdement sur le terme de ‘diva’ tu vois. Edwina est lunatique, capricieuse, colérique. Elle peut se mettre à gueuler sans raison bien particulière, juste qu’elle n’a pas obtenu exactement ce qu’elle voulait. Le pire est qu’il faille la majorité du temps deviner ce qu’elle veut. C’est très déstabilisant pour nous, helpers. Surtout qu’il y a toutes ces fois où elle est une vraie crème, accueillante et à l’écoute. On passe du chaud au froid en un rien de temps et moi je veux pas retomber malade dans ses courants d’air.

Edwina est une diva, elle joue merveilleusement bien de la trompette dans ce bar sur Ponsonby Road à Auckland, et lorsqu’elle chante en prime, le temps s’arrête, mais toute la weed qu’elle fume ne l’aide pas à se calmer. Elle est très colérique et nous prend parfois pour ses esclaves, notamment pour la cuisine. Elle va jusqu’à nous envoyer des textos pendant qu’on regarde un film pour nous dire qu’il serait temps de cuisiner, Madame a faim. Et si possible il faudrait cuisiner vite, et pour tout le monde (4 helpers, Edwina et ses 2 fils, et même parfois des invités, bref j’te raconte pas le bordel !)

Pour échapper aux colères d’Edwina, j’explore les environs grâce au Geocaching et je me retrouve sur plusieurs plages isolées aux cadres enchanteurs. Avec les autres helpers et Byron, nous allons aussi explorer le Asian Night Market de Glenfield pour nous faire péter le bide ! J’y retrouve avec joie et bonheur les okonomiyakis et les crêpes japonaises.

Beach Haven

Clairement ce HelpX aurait pu être un Enfer en 3D si y’avait pas eu Isabell, Christian, Walid et Byron. Je quitte Beach Haven avec soulagement ce dimanche-là, mais attends ! Pas si vite ! Edwina m’a déposée au mauvais arrêt de bus… En effet, j’ai décidé d’utiliser ce qu’il me reste de mon pass Intercity et de prendre le bus pour rejoindre Russel, Northland. Edwina me dépose au mauvais endroit, et je ne le réalise pas tout de suite (ah, ma confiance aveugle légendaire en l’être humain… !) Finalement je m’enquiers à une chauffeuse de bus si c’est bien là que passe le Intercity.

« – Ah non, c’est un arrêt plus loin, mais il est à quelle heure votre bus ?

– Heuuu. Dans 7 minutes quoi.

– Oh, à pieds vous en avez pour au moins 20 minutes…

-Ah…(sueurs d’angoisses)

– Nan mais vous savez quoi ? Venez avec moi je vous emmène. Je vais faire un détour sur ma route pour vous déposer !

–Sérieuuuuuuux ??? Madame je t’aime pour la viiiiiiie ! »

Quand je vous disais que les kiwis étaient gentils et généreux… Voilà comment une chauffeuse de bus Maorie m’a fait gonfler la poitrine de reconnaissance éternelle pour ce pays.

Vue depuis la maison

Lorsque j’arrive à Paihia, il est tard, il fait déjà nuit. Je m’installe sur le ferry qui me mène à Russel. Je caresse des chiens, je papote avec des français, ce ferry est rempli de bonne humeur. Des locaux me demandent si je randonne le Te Araroa Trail, qui traverse la Nouvelle Zélande du Nord au Sud. Ça c’est parce que Monster est toujours aussi gros.

Je sors à l’arrière du bateau, je respire l’air marin de Paihia pour la quatrième fois. Les étoiles sont timides ce soir, mais je me sens bien. Je vis mes derniers instants en Nouvelle Zélande.


Y ALLER :

HEKERUA BACKPACKER, 11 Hekerua Rd, Oneroa, Waiheke Island

BATCH WINERY, 129 Carsons Rd, Waiheke Island

YHA AUCKLAND, 5 Turner Street Auckland

K ROAD CITY TRAVELLERS BACKPACKER, 146 Karangahape Rd, Auckland

BEACH HAVEN

ASIAN NIGHT MARKET GLENFIELD, Glenfield Mall Sunday 5:30-11:30pm

Y PENSER:

L’assurance GLOBE PVT d’ACS

Intercity Pass


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