ET JE TOMBE AMOUREUSE TOUS LES 4 MATINS



On est jeudi à l’aéroport KIX. Il est 5h du matin. J’arrive pas à dormir. Je suis un peu excitée, je suis un peu hantée. J’ai le cœur plein de belles surprises que je ne suis pas prête à quitter.

Mais le serais-je jamais? J’ai toujours été un peu longue à la détente.

(Read this post in English, baby!)

 

Un matin à Kyoto.

 

~ On dirait bien que je suis encore tombée amoureuse.

On dirait bien que je vais de nouveau lutter à m’en remettre.

C’est un peu la malédiction du voyageur ça aussi, éparpiller ses coups de cœur comme on épinglerait des punaises colorées sur une mappemonde.

Mon amour est baroudeur.

 

~ Il jonche le sol de l’appartement parisien de ce Kiwi, dont je foulais le plancher qui craque en virevoltant.

Il s’étend jusqu’à Ho Chi Minh, pétillant dans les photos lunaires de ce Sicilien romantique.

Il se niche dans les recoins de cet origami plié dans le portefeuille de cet Italien sur le départ.

Il s’éparpille un peu partout dans les poches de ces voyageurs dont j’ai perdu la trace en Nouvelle-Zélande.

Et cette fois j’en ai laissé l’odeur sucrée sur l’écharpe en laine de cet Israélien à Kyoto.

Mon amour est élastique.

 

~ Ma malédiction me fout le vertige.

Je tombe amoureuse tous les 4 matins et peu importe quelles frontières je traverse, je vais te donner des douceurs à emporter. C’est promis y’a pas de taxes sur mon cœur.

Mon amour est un omiyage.

 

Un matin à Matsumoto.

 

~ Mes sentiments s’éparpillent au gré des saisons qui passent. S’envolent au 4 vents comme les pétales fragiles des cerisiers, ils tourbillonnent et finissent par terre, comme les feuillages rouges d’automne.

Les saisons se jouent de moi, emportant mes magies, mes danses, mes romances dans ma douce nostalgie avant de m’en faire revoir de toutes les couleurs.

Mon amour est un grand huit à sensations.

 

~ J’attends souvent le prochain feu vert, le prochain train en partance vers une nouvelle remontée mécanique qui fera valser mes chaussures aux vents, me fera m’enflammer comme la première fois, avec le goût grisant du vertige dans la bouche.

J’ai des papillons qui s’agitent dans mes tripes dans la montée, peut être que je vais trop haut?

Mes pieds déjà ne touchent plus le sol quand t’as pris ma main  dans les ruelles de Kyoto.

 

~Mais toujours il s’arrête ce foutu train, après la grande descente qui a emmêlé mes cheveux comme tes doigts l’autre nuit. Il s’arrête et me laisse à bout de souffle, pantelante.

C’était juste le temps d’un grand huit.

C’était juste le temps d’une saison.

Je ne suis déjà plus qu’un souvenir, un origami plié au fond de ta poche.

Mon amour est en mille morceaux.

 

Un matin à Hualien.

 

~ Et pourtant c’est toujours moi qui part.

Je te laisse sur un quai de gare, devant un taxi, un hostel, devant un escalator. Je te tourne le dos, j’essaie de prendre sur moi, mais je perds la face. Je suis hypersensible tu sais.

J’ai la larme à l’œil, la morve au nez de ce qu’on aurait pu être si je t’ai aimé assez.

De ce que j’aurais aimé faire durer si je t’ai aimé un peu.

 

~ Je perds la face et pourtant je suis à la porte d’embarquement, je m’élance, alors même que la nostalgie me frôle l’épaule doucement en me promettant quelques balades nocturnes à chialer.

Mais toujours je m’élance.

 

~J’ai beaucoup trop de souvenirs à chérir.

Beaucoup trop d’amants à regretter.

Beaucoup trop d’au-revoir à digérer.

 


Mais c’est bientôt le 4ème matin, non?

Peut-être que cette fois, mon amour élastique traversera le portique de sécurité avec moi.

Un matin à Hahei.


ET JE TOMBE AMOUREUSE TOUS LES 4 MATINS
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