UN MOIS A TAIPEI


Taipei, c’est le lieu privilégié pour atterrir à Taïwan. Un aperçu pas trop dépaysant de la culture taïwanaise, puisqu’ici il y a beaucoup d’expatriés, donc l’Anglais est –plus ou moins- largement parlé. La capitale de Taïwan, au nord de l’île, est une mégalopole densément peuplée (environ 2,7 millions d’habitants) et offre toutes les commodités et attractions d’une grande ville asiatique.

En Europe, on connait surtout de Taipei son immense tour en forme de bâton de bambou : Taipei 101, classée plus grand gratte-ciel au monde pendant 6 ans avec ses 509,2 mètres.

(Read this post in English, baby!)

Taipei 101

BIENVENUE A TAIPEI!

Taipei, c’est le lieu que j’ai choisi pour m’acclimater. Je n’avais pas de plan très défini en tête en débarquant dans la capitale, si ce n’est que la capitale offre forcément plus d’opportunités en volontariat, en job, en enseignement de mandarin, et facilite grandement les démarches administratives d’arrivée dans un nouveau pays pour un PVT.

J’ai vécu un mois à Taipei, en faisant du HelpX dans un hostel principalement, ce qui me permettait de ne pas payer pour mon hébergement et d’avoir mes aprèms de libres pour visiter et apprivoiser ce nouveau pays. C’est assez difficile de parler de Taipei, d’en lister toutes les choses à voir et à faire, car la ville est si grande que même un mois n’était pas suffisant pour faire toute ce que j’avais prévu d’y faire. Et comme j’ai tendance à vouloir aussi ressentir ‘l’atmosphère’ d’un endroit, j’ai passé quelques après-midis à traîner dans des cafés ou des librairies, ou bien à faire du Geocaching dans les environs de Shilin – en nourrissant des hordes de moustiques au passage avec mon sang bien sucré de Française.

Par conséquent, cet article est un joyeux bordel de pleins de trucs à voir ou à faire sur Taipei, où je te cause notamment du volontariat dans un hostel, de la voyance, de l’Histoire, de l’Art, des montagnes et évidemment de quelques expériences culinaires. T’es prêt ?

Random Street

HAPPY TAIPEI – AMBIANCE BACKPACKERS, DECOUVERTES & GALERES ADMINISTRATIVES

Happy Taipei

Je dois avoir le chic pour trouver les backpackers hostels parfaits lorsque je débarque en PVT quelque part. Après le Verandhas à Auckland, me voici au Happy Taipei, dans le quartier de Shilin, un hostel cosy, et chaleureux avec petit déjeuner gratos où je vais rester trois jours, le temps de me plonger dans les galères administratives, comme récupérer mon ID Number qui me permettra d’ouvrir un compte bancaire et de travailler.

J’y rencontre Tina, une jeune Taiwanaise qui travaille à la réception, et qui m’aide à ouvrir mon compte bancaire en se portant garante pour moi. Parce que c’est effectivement un peu compliqué d’ouvrir un compte en banque quand tu parles pas un mot de mandarin, que tu n’as pas (encore ?) d’adresse, ni de boulot. C’est là mon premier contact avec la générosité Taiwanaise, et c’est là que je trouve ma première amie locale. Celle qui va initier mes papilles aux charmes culinaires de l’île de Formose, notamment avec les Xialongbao – les raviolis à la vapeur- de chez Din Tai Fung.

Din Tai Fung

Le Happy Taipei c’est un joyeux backpacker avec des voyageurs de passage du monde entier, avec lesquels je vais de découvertes en découvertes – principalement culinaires. Débats politiques sur les élections avec des Malaysiennes, photo shoots sur la montagne de Yangminshan avec des Singapouriens, apéro-fromage après une visite au Carrefour du coin avec une Anglaise : je commence mon aventure à Taipei sur les chapeaux de roue.

Y ALLER :

HAPPY TAIPEI, Xiaobei Street, Shilin District

DIN TAI FUNG, Un peu partout dans Taipei


EN HELPX AU MONO’TEL – DU CONFORT & DU FAMILIER

Mono’tel

Il faut que je pense à mes finances, et dans chaque voyage, le gouffre financier porte un nom : l’hébergement. C’est pour ça que j’utilise des plateformes comme HelpX ou Workaway afin de trouver des jobs en échange de l’hébergement. A Taiwan, le plus courant, c’est le volontariat dans les hostels. Je me retrouve donc au Mono’tel pour travailler, toujours à Shilin, donc je ne perds pas du tout mes repères géographiques (et culinaires !).

Le Mono’Tel, c’est très probablement l’hostel le plus classe dans lequel je sois jamais allée. C’est spacieux, super confortable et les salles de douche sont juste immenses. J’vais vite comprendre le désavantage de tout cet espace… Ça prend des heures à nettoyer !

Shilin

Ma boss, Megumi, ne parle pas un mot d’Anglais, donc je m’adresse principalement aux autres employés de l’hostel, Pao, Milton, Grace et aux autres helpers, Osée et Kit. Je m’aménage une petite routine au Mono’tel, je fais le ménage, j’écris pour eux des articles de blog, et j’attends patiemment mes deux jours de congé chaque semaine pour aller vadrouiller aux alentours de Taipei (comme à Wulai, Houtong, Shifen ou Jiufen).

Kit, une adorable chinoise, est ma partenaire de crime en cuisine. On finit toujours par cuisiner des gâteaux, des pancakes ou des cupcakes ensemble, alors qu’elle me parle de sa région, Chengdu, la région du Hot Pot et des pandas. J’ai pas besoin de beaucoup plus de raisons pour inscrire l’endroit dans ma dream-list et la marquer dans mon Google Maps.

Quant à Osée, ce français d’à peu près mon âge, c’est une star de You Tube, principalement en Asie, et surtout à Taïwan. C’est un vrai avantage pour lui, ses fans étant prêts à l’emmener vadrouiller un peu partout. Il est adorable, et d’un optimisme qui me fait du bien, surtout connaissant mon bordel intérieur. Il m’embarque avec ses fans dans des bars, dans la crêperie la plus kawaï de la Terre, et on rentre à pied, mi bourrés, mi euphoriques en pleine nuit jusqu’à Shilin partageant nos expériences (merdiques ?) amoureuses.

Je passe toujours beaucoup de temps avec Tina et Flora du Happy Taipei, et l’on finit par avoir nos petites habitudes : de notre café préféré à notre quête de n’importe quelle nourriture contenant du taro –ces filles-là sont ma base, mon pilier familier à Taipei.

Y ALLER :

MONO’TEL, B1, No. 102, Wenlin Road, Shilin District


Y’A TOUJOURS UN PEU DE NATURE A TAIPEI

Xiangshan

La situation de Taipei, entourée de collines, et pas très loin de la mer de la Chine, en fait une mégalopole surpeuplée certes, mais où il est toujours facile de trouver un carré d’herbe verte, une colline à gravir, un parc enchanté, ou une ballade le long des rivières Xindian et Tamsui.

C’est souvent là que je vais me réfugier lorsque le brouhaha et le rush ambiant de la ville m’épuisent. Sans compter qu’il fait une chaleur à crever, alors chacun de mes pas sur le béton me fait transpirer à grosses gouttes –c’est ce qui arrive à une fille du Nord quand elle débarque dans ce coin-là de l’Asie : elle rougit, elle sue (donc elle pue), ses cheveux se transforment en nids d’oiseaux et elle se fait bouffer par les moustiques.

Yangmingshan

Dans ces collines, parfois au cœur de la ville, le brouhaha cesse immédiatement ou presque : parfois on tombe sur un petit temple paumé où quelques taïwanais s’adonnent au karaoké en pleine forêt. Ces chemins m’apaisent, même si je sue comme un coyote. Les sommets m’offrent de belles vues sur la ville, ainsi que des temples superbes cachés dans les hauteurs. Elephant Mountain (Xiangshan) qui, bien que très touristique, me fait même la surprise d’un superbe coucher de soleil sur Taipei 101.

Il y a aussi cet Expo Park, où j’aime vagabonder le soir, et où j’ai vraisemblablement passé ma première nuit à Taipei à errer. Les locaux y font leurs joggings et exercices lorsque le soleil se couche et que la température est plus supportable. Il y a des jardins de fleurs, de plantes, des structures d’inspiration aborigène ainsi que le Taipei Fine Arts Museum. Au milieu des joggeurs, des groupes de danseurs et de ceux qui promènent leurs chiens, j’aime à m’allonger sur les bancs de béton, les yeux tournés vers le ciel. Depuis ce parc, on voit les avions décoller (et atterrir).

Botanic Garden

Y ALLER :

XIANGSHAN, station Xiangshan, ligne rouge du MRT

JIANTAN SHAN, station Jiantan, ligne rouge du MRT

TAIPEI EXPO PARK, station Yuanshan, ligne rouge du MRT

ZHISHAN PARK, Section 1, Zhicheng Road, Shilin District

TAIPEI BOTANICAL GARDEN, No.53, Nanhai Rd., Zhongzheng District

DA’AN PARK, station Da’an Park, ligne rouge du MRT


ET Y’A SURTOUT BEAUCOUP DE BOUFFE AUX NIGHT MARKETS

Taro Pancakes

A Taipei, je découvre le concept du Night Market, les marchés nocturnes. Il s’agit de marchés de bouffe qui s’étendent parfois sur plusieurs rues, ouverts de 17h00 à 23h00 ou minuit.

S’alignent aux Night Markets des étals de cuisines locales, de vêtements, de gadgets, mais soyons réalistes, tout le monde y va pour la BOUFFE pardi ! Quoi de mieux que le Night Market pour découvrir la cuisine taïwanaise ? On y trouve le fameux Stinky Tofu (le tofu le plus puant de la terre – qui sent un peu comme un poulet mort laissé sur le bord de la route en pleine canicule), des beignets de patates douces et de taro (cette patate douce violette au goût succulent), des spécialités aborigènes, des omelettes aux huitres, des jus de fruits frais, des thé glacés avec des boules de tapioca dedans (appelés Bubble Tea), des étalages incroyables d’ananas, de fruits du dragon, de mangues, ainsi que pleins de trucs frits improbables et parfois non identifiables.

Le Stinky Tofu, c’est clairement le truc à essayer une fois dans sa vie, le défi culinaire de Taïwan. L’odeur me prend au nez à chaque coin de rue, et alors que je commence à me demander pourquoi il y a autant de poulets morts défraîchis au soleil dans les Night Market, j’apprends qu’en fait il s’agit d’une sorte de tofu, et que les Taïwanais en raffolent. Il me faudra plusieurs semaines avant de pouvoir sauter le pas, et je peux fièrement dire que maintenant, je me régale avec le Stinky Tofu. La première expérience est surprenante et intense, mais pas dégueu, le goût n’est pas aussi fort que l’odeur. La deuxième est toujours un peu bizarre, alors qu’au bout de la troisième j’avais clairement adopté ce type de tofu. Il est souvent servi frit dans les Night Markets, mais il paraît que la version cuite à la vapeur est très forte en goût, je vais peut-être passer mon tour.

Stinky Tofu

Taipei compte pas moins de 17 night markets, dont un des plus grands et plus touristiques, le Shilin Night Market se trouve juste à côté de là où je loge. Comme c’est le plus touristique, j’ai aussi découvert que c’était de loin le plus cher – évidemment- même si on reste très loin des standards européens en matière de prix (oui, ici on mange un repas complet pour en moyenne 3€ !).

Y ALLER:

SHILIN NIGHT MARKET, station Jiantan, ligne rouge du MRT, sortie 1

RAOHE NIGHT MARKET, station Songshan, ligne verte du MRT, sortie 5

NINGXIA NIGHT MARKET, station Shuanglian, ligne rouge du MRT, sortie 1

SHIDA NIGHT MARKET, Station Taipower Building, ligne verte du MRT, sortie 3


A LA DECOUVERTE DE LA CULTURE TAIWANAISE

CSK Memorial

Pour aller plus loin dans la découverte de la culture taïwanaise, mon premier conseil serait de quitter Taipei pour aller dans des villes plus petites, des villes aborigènes notamment, car Taïwan compte au moins 16 ethnies aborigènes reconnues par le Gouvernement. La cuisine et la langue y sont sensiblement différentes, ainsi que certaines traditions et coutumes (si l’occasion se présente, les danses et chants sont incroyables !) De ce point de vue-là, Wulai peut être une bonne escapade d’une journée hors de Taipei. De même, pour avoir un aperçu d’un Taïwan plus ancien et authentique, où l’on peut rencontrer des vestiges de l’occupation japonaise, une sortie vers Jiufen ou Shifen s’impose.


  • DIVINATIONS A LONGSHAN
Longshan

Au sein même de Taipei, la vaste culture taïwanaise s’apprécie principalement par les papilles (voir la section ci-dessus), mais aussi les temples et musées. Pour les temples, on en trouvera partout (mais vraiment partout), mais certains se démarquent par leur architecture, leur ancienneté, ou leurs particularités. Longshan est un des temples les plus touristiques de Taipei, et à raison, il est littéralement superbe ! Les dragons sur le toit semblent prendre leur envol, et il y a même une petite cascade dans la cour principale. Le temple est dédié à la Boddhisattva de la miséricorde, Guanyn, mais comme dans beaucoup de temples, on peut aussi y prier pleins d’autres dieux, notamment dans l’arrière-cour. La ferveur ici est palpable, il y a foule, et il y a beaucoup d’offrandes de fruits, de fleurs, de gâteaux sur les tables –même des Snickers.

Longshan

A Longshan, comme dans beaucoup de temples, on peut aussi faire de la divination. Si la question que l’on souhaite poser est simple, il suffit de s’armer de deux jiǎo bēi (« bwei » en taïwanais), ces petits jouets en bois de couleur en forme de petites lunes, un côté est plat l’autre est en relief. Il faut les lancer au sol. Si les « bwei » tombent du même côté, que ce soit le côté plat ou celui en relief, la réponse est non. Si au contraire, un « bwei » tombe du côté plat et l’autre du côté en relief, la réponse est oui. Les Taïwanais utilisent les « bwei » lorsqu’ils ont une décision plutôt difficile à prendre. Ils vont même jusqu’à lancer les « bwei » plusieurs fois pour être bien sûrs de la réponse.

Jiaô Bei

Une autre méthode, le Kau Cim (appelé « bao bwei » en taïwanais) est aussi appelée « loterie poétique ». Comme au Japon, on secoue une boîte remplie de bâtons avec des numéros, et celui qui sort du lot sera notre bâton de divination. On peut confirmer le numéro en utilisant les « bwei », prendre un autre bâton si les « bwei » nous disent non. Ce numéro correspond à des feuilles de papier où sont inscrits des poèmes très anciens, que l’on peut lire de différentes façons selon la question posée. Souvent, on ne peut déchiffrer les poèmes qu’avec l’aide d’oracles, et certains parlent Anglais à Longshan. Bon, ma prédiction est clairement moins fofolle qu’au Sensô-Ji, mais quelque chose en ressort : il faut que je travaille dur pour que mon souhait se réalise. Et qu’à la fois je ne force pas les choses, que je n’aille pas à contre-courant.

Juste devant Longshan, là où se trouve la bouche de métro, se trouve aussi un grand marché de divinations. En sous-sol, sur plusieurs couloirs, s’étalent des tables ainsi que des pièces séparées par des vitres de plexiglass ou des rideaux où l’on peut se faire lire l’avenir dans les lignes de la main, par le tarot, par des oiseaux (ouais je sais), et d’autres techniques qui me sont totalement inconnues. Certains stands proposent même ces techniques de divination en Anglais, pour les touristes curieux.

Y ALLER :

LONGSHAN TEMPLE, station Longshan, ligne bleue du MRT, sortie 1


  • HISTOIRE AU CHIANG KAI-SHEK MEMORIAL
CSK Memorial

La personnalité de Chiang Kai-Shek (Tchang Kaï-Chek en français) est plutôt controversée à Taïwan. Son mémorial l’est d’autant plus. Pour la faire courte (mais accroche toi quand même à ta culotte parce que c’est vachement compliqué) Chiang Kai-Shek c’est un militaire et homme politique chinois, représentant du Kuomintang – le parti politique dirigeant en République de Chine de 1928 à 1949, date de la prise de pouvoir des communistes. Après 1949 cependant, le Kuomintang et Chiang Kai-Shek se limiteront à Taïwan, et c’était d’ailleurs le seul parti politique autorisé jusqu’à 1986, l’île subissant pendant toutes ces années la répression sous le joug de la loi martiale.

CSK Memorial

Donc. D’un côté, Chiang Kai-Shek c’est le militaire qui s’est battu contre les Japonais, qui a plus ou moins unifié la Chine telle qu’elle est aujourd’hui et qui s’est battu contre les communistes. C’est aussi le gars qui, après sa défaite face aux communistes a décidé de se replier à Taïwan et d’en faire son royaume, d’y installer la loi martiale, connue sous le nom de « terreur blanche » puisque quelques 30 000 taiwanais y perdront la vie. Après son décès, le Kuomingtang s’est démocratisé, heureusement, jusqu’à en perdre la majorité au Parlement en 2016 (tu m’étonnes, John.)

CSK Memorial

Mais au-delà de l’Histoire, cette place et son architecture font maintenant partie intégrante de Taipei, avec à ses côtés le National Theatre et le National Concert Hall où l’on peut assister à de superbes performances. Le mémorial quant à lui offre aussi une bonne dose d’histoire sur le monsieur, grâce à son musée, et je ne peux que recommander d’y faire un tour pour mieux comprendre l’histoire politique de l’île de Formose.

Y ALLER:

CHIANG KAI-SHEK MEMORIAL, station CKS Memorial, lihne rouge ou verte du MRT


  • TRAINER DANS LES MUSEES C’EST BON POUR LA CURIOSITE
National Palace Museum

Pour comprendre Taïwan, et l’Asie en général, rien de mieux qu’une après-midi pluvieuse dans les musées. Et c’est parfait, car il y a pléthores de musées (et d’après-midis pluvieuses) pour étancher ta soif de curiosité à Taipei, notamment dans un des musées les plus célèbres d’Asie, le National Palace Museum. Ce musée de classe mondiale contient des trésors accumulés par les Empereurs Chinois de la Cité Interdite depuis plusieurs siècles. La Seconde Guerre Mondiale et les rebondissements de l’Histoire ont amenés une partie de ces trésors à Taïwan, afin de les protéger – ce qui explique aussi l’intérêt de la Chine de se garder Taïwan sous le coude.

En gros, ce musée couvre à peu près 8 000 ans d’histoire chinoise avec plus de 7 000 000 pièces d’arts. Un vrai trésor. Autant te dire qu’entre les poteries, les porcelaines, les dessins, les cartes et la calligraphie, on peut y passer des heures. A ce propos, il est plus judicieux de parcourir le musée les vendredis et samedis soirs, entre 18:30 et 21:00, lorsque les hordes de touristes sont parties manger un bout au Night Market.

Quant au Taipei Fine Arts Museum, il s’agit du musée d’arts modernes et contemporains de la ville, et permet d’en découvrir toute la richesse. Après la fin de la loi martiale en 1987, les artistes peuvent enfin s’exprimer librement, notamment en photographie. D’ailleurs, une exposition photo m’interpelle vraiment, il s’agit de ‘The Chain’ par Chien-Chi Chang, où l’on peut voir des portraits d’hommes, souvent deux par deux, enchaînés par la taille – cadenassés par la taille dirait-on. On apprend par la suite que ces scènes ont lieu dans un asile psychiatrique un peu particulier au sud de Taïwan, où un illuminé bouddhiste du nom de Li Kun-Tai « adoptait » des schizophrènes et autres malades mentaux pour l’aider dans sa ferme à élever des poulets et des cochons. Pour mieux les soigner, il leur rasait la tête et les cadenassait deux par deux. Forcément, l’un était toujours plus malade mentalement que l’autre, et c’était donc le fait d’être enchaîné à quelqu’un de plus « lucide » que la guérison était supposée opérer.

Une autre exposition photo à côté de celle-ci comprend d’autres portraits torturés, des oubliés de l’escalade économique de Taïwan. Parce que sous ses airs d’industrie faramineuse labellisée « made in Taïwan » qui a conquis le monde, il y a les accidentés du travail qui portent encore les cicatrices de cette course économique moderne.

Y ALLER:

NATIONAL PALACE MUSEUM, station Shilin, ligne rouge du MRT, et Bus n°R30

TAIPEI FINE ARTS MUSEUM, station Yuanshan, ligne rouge du MRT, traverser l’expo park vers l’Est et traverser le pont


POURQUOI JE SUIS PARTIE DE TAIPEI

Taipei 101

A la fin de ce mois passé à Taipei, les choses commencent à m’être sacrément plus familières.

La ligne rouge du MRT n’a presque plus de secrets pour moi, je ne me perds plus (trop) dans les rues du quartier de Shilin, j’utilise sans problèmes ma EasyCard et ma carte bancaire, et je fais aisément la conversion entre les NT$ et les €. J’ai mon café préféré, mon stand de pancakes au taro, mon restaurant végétarien, tout ça dans un rayon de moins d’un kilomètre autour du Mono’tel. Je m’entends bien avec mes collègues, je me suis fait de supers amis locaux et PVTistes, même que je rencontre un joli garçon sur Tinder qui m’invite à boire du saké japonais.

Une fois le choc culturel mieux encaissé, je me dis que je pourrais essayer de me faire une petite vie ici, dans la capitale, trouver un job, apprendre studieusement le chinois, et sortir de mon mode de vie de baroudeuse en carton. Surtout que la liste des endroits que j’aimerais voir à Taipei et aux alentours s’allonge de jours en jours, je me verrais bien rester ici un peu plus longtemps.

Zhishan

Depuis quelques semaines, je postule à des boulots, pour écrire des articles en ligne, pour être documentaliste dans un collège international, pour travailler à la librairie française de Taipei. Rien ne fait suite.

Je me renseigne pour prendre des cours de chinois dans les universités alentours, qui soient en accord avec mes horaires de volontariat, parce que clairement je peux pas me permettre de payer à la fois des cours de chinois intensifs et un hébergement. Idem, les horaires ne semblent pas coller. Je déchante.

Alors, je ne sais pas si c’est parce que je n’ai pas ASSEZ essayé, que je ne me suis pas ASSEZ défoncée pour construire ma petite vie à Taipei, mais je n’aime pas forcer les choses. Quand je force, j’ai l’impression que les choses ne suivent pas le cours qu’elles devraient suivre. Et ça fait légèrement écho à ma prédiction à Longshan. C’est peut-être de la fainéantise. Ou peut-être que je préfère les surprises. En plus, j’ai les gambettes qui me démangent.


Je dis au revoir à mes objectifs et mes plans – j’ai jamais été douée avec les objectifs de toutes façons- et j’attrape Monster le backpack à la volée.

Il est temps d’aller voir ce que Taïwan a à offrir à mes yeux fatigués.


 

 

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