STRASBOURG JE T’AIME, MAIS J’TE QUITTE.


“It’s a dark, twisted road we are on, and we are to walk it alone.”

On a eu une belle histoire toi et moi. Presque 7 ans de vie commune. 7 années intenses !

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Strasbourg, j'te kiffe.
Strasbourg, j’te kiffe.

Tu m’as broyée, Strasbourg, autant que tu m’as éblouie. J’aime chacun de tes recoins, chacune de tes ruelles, chaque ligne de ta Cathédrale. Mais il est plus que temps, maintenant.

J’ai déjà voulu te quitter tant de fois, Strasbourg. Tu m’as donné plus de beauté, plus de folie et de tendresse que je n’en attendais. Mais tu finissais par tout engloutir, avec pertes et fracas. J’ai voulu tant de fois te quitter, j’ai tant rêvé d’un ailleurs. J’ai tant de fois voulu effacer l’ardoise et recommencer. Il est plus que temps, maintenant.

Evidemment, tu me manqueras, Strasbourg. Tes cinémas de quartier, tes bars bondés, tes quais aménagés. Strasbourg sous la pluie, Strasbourg sous la neige, Strasbourg en été, Strasbourg à pieds, toujours. Ces nombreux appartements d’amis qui ont été des refuges plus que confortables lors des moments de doutes. Ce parc de l’Orangerie qui a accueilli tant de pique-niques, tant de balades nocturnes, tant de discussions sans fins. J’ai tellement arpenté tes rues, joué au guide avec des amis, avec la famille, avec des étrangers, fière de ton patrimoine, de ton architecture, de ta beauté particulière.

J’y ai tellement aimé mon travail, rue du 22 novembre, que j’y ai dormi pour essayer de le sauver. Ta rue pavée, que j’ai foulée tant de fois, elle me brise le cœur à présent. Il n’y a plus personne en pause devant le magasin à fumer une clope ou boire un café, plus d’affiches annonçant des catcheurs ou le dernier Walking Dead, plus de clients avec des sachets rouges. J’ai laissé 5 ans dans ces murs. Et deux ans plus tard, j’ai toujours mal quand j’y repense.

Les amours dans tes rues, Strasbourg, c’était quelque chose. Des baisers au clair de lune de la Cathédrale, des prélassements sur les quais à regarder les canards, des étés à la piscine du Wacken. Des au-revoir déchirants et pleins d’espoirs sur les quais de la gare. Des balades nocturnes les yeux fermés, le pas hésitant, le cœur prêt à exploser. J’y ai chéri chaque amoureux dans tes rues, Strasbourg, main dans la main, souvent nez contre barbe. Je me rappelle beaucoup de tes nuits. Magiques. Semblant flotter dans un autre espace-temps.

Il est temps de fermer ce chapitre, Strasbourg. Je suis coincée dans tes murs, dans mes souvenirs. Par facilité je pourrais me laisser porter par ton flot de passants, me laisser engloutir Place de la Cathédrale avec le vent qui s’y engouffre. Mais c’est fini tout ça. Les vitrines de tes boutiques ne m’intéressent plus, tes restaurants non plus. Tout est teinté de regrets, d’une image trop lumineuse du passé.

On aura eu de bons moments ces derniers mois, malgré tout, Strasbourg. De l’ouverture de nouveaux bars au plan foireux pas si foireux que ça d’un concert électro dans un appartement. Beaucoup de sorties nocturnes, parfois attablée à refaire le monde autour d’un thé, autour d’un babyfoot, autour d’une partie de Pacman, autour d’une nouvelle expo. J’ai fréquenté assidûment tes salles obscures ces derniers mois, Strasbourg, enfermée dans le noir, pour m’échapper du vide.

Et tu as presque réussi à me retenir, Strasbourg, au moment où je recevais la confirmation du départ, tu déployais tes charmes printaniers devant moi, à coup d’éclipse, de Rayon Vert, de concerts, de Zazen, d’apéros sur les quais, de vernissages, de macarons bleus, de couchsurfeuses aux yeux pétillants devant tes charmes alsaciens. Il y a même eu ce garçon qui disait que j’étais jolie.


Mais j’ai erré dans tes rues, en long, en large, en travers, Strasbourg, ces dernières nuits.

Strasbourg, il est plus que temps maintenant.

L’ailleurs m’appelle.

Mais peut être que je reviendrais.


STRASBOURG JE T’AIME, MAIS J’TE QUITTE.
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3 thoughts on “STRASBOURG JE T’AIME, MAIS J’TE QUITTE.

  • 23 July 2015 at 8 h 40 min
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    Et le 74, avenue de Colmar… Et les shoppings des halles… Et les vomitos dans la baignoire… Et chez Mourat… Et Amélie Nothomb… Et la dernière nuit au 65, avenue de Colmar… Et oui, bonjour, c’est Mme Herb… Pour moi Strasbourg est indissociable de toi 😀

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    • 23 July 2015 at 12 h 32 min
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      Oui, bonjouuuur c’est madame Erb haha non mais oui, Strasbourg c’est aussi toi CynthiaKaiser. Parce que sans toi, j’y serais peut être jamais allée!

      Reply
  • 23 July 2015 at 8 h 40 min
    Permalink

    Et le 74, avenue de Colmar… Et les shoppings des halles… Et les vomitos dans la baignoire… Et chez Mourat… Et Amélie Nothomb… Et la dernière nuit au 65, avenue de Colmar… Et oui, bonjour, c’est Mme Herb… Pour moi Strasbourg est indissociable de toi 🙂

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