NORTHLAND ROADTRIP #7 – LE JOUR OU L’ON S’EST PERDUES DANS LE DESERT DES SAND DUNES



Ce qui est sûr, c’est que ce matin-là on était à mille lieux de penser qu’on allait se perdre littéralement dans des dunes de sable. Au contraire, on vient de passer une nuit fabuleuse, toutes seules dans le backpackers du Pukenui Lodge. 

(Read this post in English, baby!)

Le Nord.
Le Nord.

AU PUKENUI LODGE

Au matin, on découvre les environs : une piscine, un gazon verdoyant et… une vue de malade mental. On a trouvé le spot parfait pour notre petit déjeuner.

La vue matinale… Le spot parfait pour le petit déjeuner.

On emprunte des sandboards à l’accueil du lodge (gratuitement en plus !) pour aller surfer sur les dunes de sable, parce que oui dans le Northland il y a les dunes de sable géantes de Te Paki! C’est incroyable même comme elle semblent surgir de nulle part entre la forêt et l’océan. Il s’agirait des plus grandes dunes de sable de l’Hémisphère Sud, formées grâce aux vents de la côte Ouest. Les plus hautes peuvent atteindre jusqu’à 140 mètres de haut quand même! En voilà une expérience improbable qui nous fait trépigner comme des gamines!

On croise des moutons pas farouches en sortant de la ville, puis on se lance sur la route pour l’extrême nord de la Nouvelle Zélande. La route a des airs d’apocalypse. Du vert, du gris, du rouge. Rien. Excepté quelques moutons ou vaches. Et cette route, en ligne droite, qui semble filer vers l’extrême nulle part.

Sur la route de Cape Reinga.

CAPE REINGA – OU LES ESPRITS ET LES MERS SE RENCONTRENT

Te Werahi Beach

Arrivées à Cape Reinga, on décide de faire un petit chemin de randonnée à la rencontre de la mer de Tasman pour échapper à une horde d’asiatiques qui parlent trop fort, gâchant un peu la beauté du lieu. Direction Te Werahi Beach, donc, pour pique-niquer et tremper mes pieds dans la mer de Tasman. Premier constat, elle est vachement plus violente et déchaînée que son confrère de l’est, l’Océan Pacifique. Deuxième constat, la marée monte vachement vite. Il est temps de remonter vers Cape Reinga.

On est littéralement au milieu de nulle part!

Cape Reinga, son lighthouse et son panneau jaune sont sur toutes les photos de voyageurs, sur toutes les cartes postales, et là, on sait pourquoi. Il y a cette impression de bout du monde. Des légendes maories parlent d’un endroit où les esprits convergent juste avant de passer dans l’au-delà. L’endroit est calme et bruyant à la fois, apaisant et torturé. Il y a ces eaux qui se rencontrent avec fracas, il y a ces montagnes vertes et ce ciel bleu. Encore un endroit surprenant et plein de majesté en Nouvelle Zélande…

Vue de l’extrême Nord
Cape Reinga, sur le chemin des esprits selon la légende maori

TE PAKI SAND DUNES & LA TRAVERSEE DU DESERT

Ma sandboard & moi

Au loin, justement se dessinent les dunes de sable Te Paki Sand Dunes, immenses, sur lesquelles il est possible de faire du sand boarding, du surf des sables. On jette nos chaussures dans la voiture, on enlève nos vestes, on attrape nos sac à dos et nos planches et c’est parti ! Les montées nous demandent des efforts surhumains. Marcher, non, grimper dans le sable, c’est pas une mince affaire. On décide d’explorer les dunes, on veut apercevoir la mer, puis trouver une pente parfaite pour entamer une descente. A un moment on se dit qu’il serait mieux de se rapprocher du parking et de faire une dernière grosse descente là-bas. Sauf que… Il est où déjà le parking ?

Mais. Vraiment. Où. Est. Le. Putain. De. Parking. ?!

C’est la panique. Dans nos têtes. Nous essayons de rester pragmatique l’une pour l’autre.

« C’est peut-être par là-bas, derrière cette dune ?! » « On est déjà passés par là ? » « Si on longe les arbres, on devrait y arriver ? » « Si on grimpe sur cette dune-là, on aura une meilleure vue ? »

On se rend compte que nous n’avons ni téléphone (donc pas de carte, de GPS, personne que l’on peut appeler au secours), ni chaussures, ni veste, ni nourriture, juste un reste d’eau dans une gourde. Nous avons nos lampes torches par contre, et d’ailleurs le soleil, il est pas légèrement en train de se coucher là ?

« Et puis c’est quoi, ce lac là-bas ? On l’a déjà vu ? » A ce moment-là, je repense au panneau que nous avons rencontré en arrivant. Que le DOC ne saurait être tenu responsable des voitures surprises par la marée sur la plage. Ce que je ne dis pas à haute voix, de peur d’avoir raison, c’est que je pense que ce « lac » que l’on n’arrête pas de voir pourrait bien être le parking… à marée haute.

Mais j’essaye de garder la tête froide. « Au pire, si on est surprises par la nuit, on a qu’à continuer de marcher. Au bout d’un moment on tombera bien sur Cape Reinga, si on suit la forêt d’un côté ou la mer de l’autre. Qui dit Cape Reinga, dit lighthouse, dit parking, dit … voitures et humains. »

Mais on a pas de bouffe, pas de vêtements chauds, presque pas d’eau… Si on doit passer la nuit dans les dunes, ce sera clairement pas un bivouac en colonie de vacances. Je commence à penser à ce mec de ‘Man Vs Wild’ qui doit boire sa propre pisse dans le désert pour survivre. Je pense à ce groupe de randonneurs perdus dans je ne sais quelles montagnes qui finissent par se bouffer entre eux. Non. Céline. Ne. Pense. Pas. A. Ca. Putain. On devrait plutôt grimper cette dune, non ?

C’est au sommet d’une dune qu’Anaïs aperçoit au loin des silhouettes. Mais sont-ce vraiment des silhouettes ? On attrape ma mini boussole (genre 2€ chez Décathlon, Décathlon, merci de me sauver la vie, je t’écrirais un poème bientôt), les silhouettes sont à l’Est, c’est la direction que l’on va suivre tant bien que mal. Cette mini-boussole fait aussi office de sifflet. Si c’est pour attirer les oiseaux, crier danger ou juste pour décorer, j’en sais rien et peu importe, je siffle à en faire péter les tympans d’Anaïs. Je veux retenir les silhouettes, les faire attendre, je veux qu’elles soient réelles. On a l’impression de voir des traces de pas dans le sable, mais il est fort probable que ce soient les nôtres (on aurait donc tourné en rond ?). Le soleil décline dans notre dos, les couleurs sont magnifiques, mais le stress et la peur sont trop intenses pour que l’on pense à vraiment d’arrêter pour le contempler. Je m’arrête une minute pour prendre une photo sous le regard désapprobateur d’Anaïs. Ouais, je sais, on a mieux à faire, là.

Coucher de soleil sur les dunes…

Au bout d’un moment (bien trop long), on aperçoit des gens. DES GENS. Ils rient, ils descendent une dune en sandboard et nous disent « Come on ! », ils nous invitent à en faire de même. Je pense qu’avec Anaïs, on en pleurerait. Le parking est quelques mètres plus loin. On descend cette pente immense, j’en bouffe presque du sable, et arrivées en bas on raconte notre aventure à nos « sauveurs ». C’est un groupe de Chinois, et ils écoutent nos aventures mi effrayés, mi amusés ! Je pense qu’ils ne réalisent pas trop qu’ils nous ont sauvés la vie. Parce que qui sait ce qui se serait passé si on ne les avait pas aperçus… !

Selfie avec nos sauveurs!
Selfie avec nos sauveurs!

Alors qu’on reprend la route vers Ahipara et le Endless Summer Lodge, on n’arrête pas de parler de ce qui vient de nous arriver, de ce qu’il y avait dans la tête de l’une, de l’autre, de ce qu’on aurait fait si. Chaque jour sur la route avec Anaïs est une aventure, et on se demande bien ce qui nous attendra le lendemain…


Y ALLER :

Pukenui Lodge (BBH), 3 Pukenui Wharf Rd, Pukenui, RD4, Northland

Te Werahi Beach Track, Cape Reinga – Te Werahi

Cape Reinga, Te Paki Recreation Reserve, S1, Northland

Te Paki Sand Dunes, Te Paki Recreation Reserve, S1, Northland



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