MA DERNIÈRE SEMAINE EN NOUVELLE-ZÉLANDE DANS UNE CARAVANE


Tout a une fin. (Sauf la saucisse qui en a deux.)

Nouvelle Zélande, cette fois c’est la fin.

J’ai pensé et repensé à mes dernières semaines en Nouvelle Zélande. J’en ai fait une liste : randonner le Tongariro Crossing , voir Taranaki, voir le soleil se lever à Gisborne, retourner à Napier, retourner faire un HelpX à Hahei Beach, faire un HelpX dans une famille Maori, aller dans une retraite de yoga, partir en rando quelques jours,… Bref, ma liste était longue comme un roman. Presque une année s’est écoulée, et pourtant il y avait encore pleins d’expériences que je souhaitais faire avant de partir. Je m’en rendais malade d’essayer de donner du sens à mes derniers instants, de les rendre inoubliables.

Il aura fallu un anglais pour que je lâche prise.

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Russel

NORTHLAND ON DIRAIT BIEN QUE JE T’AIME

Si je retourne finalement au Northland pour la quatrième fois, c’est que Tom m’a fait promettre de revenir pour son anniversaire, ce 5 juin. Il m’a promis monts et merveilles pour ma dernière semaine en Nouvelle Zélande, mais de manière plus terre-à-terre c’est juste vachement plus agréable de passer cette dernière semaine à rire avec un bon pote que toute seule. J’ai laissé de côté mes 42 projets, de toutes façons la Nouvelle Zélande est déjà inoubliable sur bien des aspects.

Les belles maisons victoriennes de Russel

Du coup, j’emménage dans sa caravane au Orongo Bay Holiday Park à Russel, et, comme lui, je bosse 3h par jour pour le camping et la sorcière qui régit l’endroit. Bon, elle est pas si mauvaise que ça, c’est juste un peu une ‘bitch’, qui, une fois n’est pas coutume, je les enchaîne on dirait, me parle un peu comme à un chien. Elle me fait patauger dans la gadoue et désherber sous la pluie, ce qui au bout d’une semaine va me rendre dingue.

Sur le mur de la caravane

La vie avec Tom dans une caravane c’est la vie simple, mais la vie douce. Je profite de sa playlist anglaise, de sa Mercedes blanche et de son talent pour faire des sandwichs. On regarde Family Guy et Rick & Morty blottis sur le canapé, nos batailles d’eau se transforment en bataille de Margarine et on cuisine des nouilles en pleine nuit comme des adolescents. On boit nos thés dans des bocaux en verre de sauces tomates, parce que la vaisselle est limitée. On essaie de débattre de l’importance de rester ou sortir de l’UE pour les Anglais, et mes connaissances limitées sur le sujet ne l’aide pas plus à prendre une décision.

Omata Estate

Un soir, nous sommes invités à passer une soirée au Omata Estate, où son pote Daniel travaille. Omata Estate c’est un vignoble réputé, avec une vue à tomber par terre. Les patrons sont partis quelques jours, du coup Daniel a cet endroit (magique) pour lui tout seul, à s’occuper des rares clients et de Molly, la chienne la plus adorable du monde. Il y a un énorme four  à pizza en pierre importé d’Italie, du coup on s’en donne à cœur joie avec des pizzas maison. On écoute du blues, on se réchauffe auprès du four, on déguste des vins en riant et à ce moment-là, la vie ne pourrait clairement pas être plus douce.

Omata de nuit
Molly

Tom m’emmène aussi à une « French Night » au Marlborough Duke’s, le bar avec la licence la plus ancienne de Nouvelle Zélande. Comme il bosse comme jardinier les après-midis pour payer son pétrole (et me rembourser accessoirement), il a fait la connaissance de Margot, une vieille allemande qui justement vient dans cet établissement tous les jeudis avec ses amis pour parler français et boire du vin. Du coup imagine, ce cadre old school, des canapés confortables, et une poignée de petits vieux qui se réunissent une fois par semaine pour parler français, soit parce que c’est leur langue natale, soit parce qu’ils veulent le pratiquer. Je me sens comme un poisson dans l’eau et je discute avec tout le monde. Ils ont tous des vies fascinantes, la plupart ont navigué jusqu’en Nouvelle Zélande il y a 30 ou 40 ans de cela. Ils ont vécu en Australie, dans le Pacifique aussi. Margot elle-même est médecin et a pas mal vadrouillé, notamment en bateau avec son compagnon de l’époque, un français. Elle n’exerce plus, mais elle continue de publier des articles dans l’univers de la recherche et d’effectuer des traductions en français, anglais et allemand. Elle est tout simplement incroyable. Du coin de l’œil, je vois Tom qui sourit de m’entendre parler français, « c’est beaucoup plus naturel » me dit-il. Il n’en mène pas large avec ses trois phrases de vocabulaire par contre mais c’est drôle de le voir essayer.

Au camping, il y a aussi deux couples de Chinois avec lesquels on passe du bon temps. Mel, James, Parker et Min me font hurler de rire lorsqu’on joue au Uno tous ensemble. D’ailleurs pour notre dernier soir, ils nous cuisinent des spécialités de leurs régions respectives en s’excusant d’être de piètres cuisiniers. Mais moi je dévore tout, et je bois leurs paroles lorsqu’ils évoquent la Chine.

Partie de Uno avec les Chinois

Parfois Tom me prend la main, me dit que je suis jolie, qu’il est content que je sois venu le ‘sauver’ dans sa caravane au milieu de nulle part. On se bagarre sur fond de stéréotypes franco-anglais et il me balance ‘My attraction to you is only the reflection of your personnality’. On est un peu enivrés, je l’écris au feutre violet sur les murs de la caravane. Tom est fou, c’est un hors-norme, un hors-cadre. Il transpire la liberté, il a pas la langue dans sa poche, il se fout de tout et de tout le monde, et parfois c’en est navrant. Il est plus intelligent qu’il ne le croit, mais il est probablement trop fainéant pour en faire bon usage. C’est un personnage. Certains le détestent, mais moi je suis attirée par sa démence comme un papillon de nuit.

I really really really really like you

Tom me conduit jusqu’à Auckland ce 12 juin, au volant de sa Mercedes blanche. Il continue sa route pour retourner à Napier tourner dans un film Maori (nan mais c’te blague quoi) On chantait à gorge déployée, non, on hurlait presque les paroles de ‘I really really really like you’ de Carly Rae Jepsen, c’te chanson qui nous faisait tant rire et danser comme des attardés à Napier quelques 8 mois plus tôt. Il me dépose, me dit ‘I’ll be missing you loads’ mais je ne le crois qu’à moitié, il ne regardera pas en arrière, je le connais trop bien.

Le ciel de Nouvelle Zélande est décidément bien fou

LAST NIGHT (GLOUPS)

Je me réinstalle au K Road City Travellers Backpackers, et je fais un dernier tour en ville, mais cela m’épuise. Je rêve toujours des montagnes de l’Île du Sud, c’est ça que j’ai dans la peau tu sais, ces chemins de randonnée au petit matin lorsque les nuages bas s’engouffrent dans les montagnes.

Le soir, je rencontre à nouveau Christian et Isabell, nous passons ma dernière nuit au Grand Central, un pub de Ponsonby avec live music, à papoter et à rigoler des crises d’hystérie d’Edwina. Je suis contente de passer ma dernière soirée avec ce couple adorable. Eux aussi s’en vont bientôt, et nos boissons ont un goût amer, un goût de départ.

Sky Tower

Lorsque je les quitte, je me lance dans une dernière marche nocturne dans la ville. J’emprunte ce même pont que j’empruntais tous les jours à mon arrivée, celui qui te donne une vue à tomber sur la SkyTower. Je marche, je marche jusqu’à l’épuisement tellement je ne veux pas quitter ce sol. Pour une fois, je ne veux pas m’envoler. Cette terre est devenue mienne au fil du temps, je l’ai acceptée avec toutes ses imperfections, comme on en ferait d’un amant.

Je marche et j’ai peur. J’ai jamais aimé les séparations, tu sais.

Mais d’abord, Singapour m’ouvre ses bras avec chaleur.

Même des airs, la Nouvelle Zélande se faisait belle pour me dire au revoir

Y ALLER :

ORONGO BAY HOLIDAY PARK, 5960 Russell Rd, Russell

OMATA ESTATE, Aucks Rd, Russel

MARLBOROUGH DUKE’S, 35 The Strand, Russell

K ROAD CITY TRAVELLERS BACKPACKER, 146 Karangahape Rd, Auckland

GRAND CENTRAL PUB, 126 Ponsonby Rd, Grey Lynn, Auckland


 

 

MA DERNIÈRE SEMAINE EN NOUVELLE-ZÉLANDE DANS UNE CARAVANE
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