LES HEMEROCALLES DE LIUSHISHI SHAN


Entre le mois d’août et le mois de septembre, y’a un truc magique qui se passe sur une montagne à l’Est de Taïwan : la floraison des Daylilies (Hémérocalle en Français), une espèce spécifique de Lys qui tire son nom du fait qu’elles ne fleurissent que durant vingt-quatre heures.

A Taïwan elles sont utilisées comme ingrédient dans la soupe et le fameux Hot Pot mais on peut aussi les trouver en brochette frites sur des stands autour de la montagne.

(Read this post in English, baby!)

Sixty Stone Mountain

LIUSHISHI SHAN OU LIUSHIDAN SHAN ?

La floraison de ces précieuses Daylilies a lieu sur une montagne au Nord-Est de Fuli, dans le village de Zhutian, qui se prénomme Sixty Stone Mountain (la Montagne aux Soixante Pierres), Liushishi Shan ou Liushidan Shan (六十石山) suivant la lecture de l’avant dernier caractère en Chinois (石) – le dernier, 山 (Shan) voulant dire montagne.

En effet, il existe deux histoires derrière le nom de la Montagne : la première est que durant la période de colonisation Japonaise de Taïwan (de 1895 à 1945) on pouvait récolter jusqu’à soixante dan de millet sur cette montagne alors que la moyenne des autres champs était de quarante à cinquante dan – le dan étant l’unité de mesure de l’époque qui équivaut à 100 Litres. On utilisait le même caractère pour désigner ‘dan’ que celui utilisé pour ‘pierre’, d’où la confusion.

Quant à la seconde histoire, qui se déroule elle aussi durant la période coloniale Japonaise, on raconte qu’une forêt de camphrier aurait été découverte sur cette montagne, et qu’une fois rasée, on pouvait apercevoir soixante pierres éparpillées dans le paysage.

 

De là je me demande si la montagne a tiré son nom de sa légende ou si effectivement c’est son nom qui a engendré son histoire. L’œuf ou la poule, la pierre ou le dan, le mystère reste entier !


UN OCEAN DE FLEURS…

Dans tous les cas, que l’on s’accorde sur l’une ou l’autre légende, clairement on pourrait l’appeler aujourd’hui la montagne aux 300 hectares de fleurs ! Et quand bien même certaines de ces fleurs sont récoltées pour la cuisine, une partie des champs est protégée par le gouvernement pour que la floraison qui a lieu chaque année pendant une période très limitée reste toujours aussi spectaculaire !

Les montagnes et collines sont alors recouvertes d’un lit de fleurs oranges qui tranchent avec le bleu du ciel. On se croirait dans une peinture alors que les nuages jouent avec nous au jeu des formes improbables. Au sommet, un petit chemin est tracé au milieu des fleurs jusqu’au Forgetting Sorrow Pavilion (Wanyou Pavilion en Chinois) – le Pavillon des Soucis Oubliés. A 964 mètres d’altitude, il est dit que tous nos soucis et notre tristesse s’envolent à la vue de la mer de Daylilies qui s’étend en contrebas.


Posée au milieu du tapis de fleurs oranges qui me tachaient les doigts, j’entendais de la musique traditionnelle Chinoise au loin. Il me fallait un petit moment pour reprendre mes esprits, la route ayant attisé ma rêverie solitaire au point de me complaire dans les méandres de ma vie intérieure. Enfin, un peu d’air frais dans mes cheveux !

J’étais bien là, en fait, j’aurais pu y passer la journée.

Comme dirait mon collègue Québécois « Clairement, faire deux heures de route pour aller voir des champs de fleurs, ça y contribue (au bonheur des choses simples) »

Finalement, y’a toujours que la beauté inattendue des paysages qui me contente.


Y ALLER :

LIUSHISHI/DAN SHAN (SIXTY STONE MOUNTAIN)


LES HEMEROCALLES DE LIUSHISHI SHAN

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