LES CLAQUES DE SINGAPOUR


Wow. Singapour tu m’as mise une claque.

J’suis arrivée dans la cité-état un peu par hasard. Lorsque j’ai pris la décision de rentrer en France après mon année de baroudes en Nouvelle-Zélande, je me demandais quel stopover j’allais faire cette fois. A l’aller j’ai réalisé un rêve de longue-date : aller au Japon.

Quelle nouvelle contrée explorer au retour ? De manière totalement impulsive, j’ai décidé d’aller visiter Singapour. J’avais rencontré Brenna, une singapourienne, lors de mon HelpX sur Stewart Island. On a bien accroché toutes les deux, et j’avais les yeux qui pétillaient et l’eau à la bouche lorsqu’elle me parlait de son pays. En prime, ce serait l’occasion parfaite de la revoir.

C’était décidé, j’allais faire un tour à Singapour !

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Singapour m’a mise une claque à l’arrivée.

Quand t’arrives de Nouvelle Zélande, où y’a plus de moutons que de gens (4 millions d’habitants sur tout le pays), forcément plus de 5 millions d’habitants dans une superficie équivalente à celle du lac Taupo, ça te met un coup. J’avais déjà expérimenté ça lors de mon arrivée à Bali, où la foule me donnait le tournis. Mais la foule de Singapour, c’est quelque chose, aux heures de pointe, et avec la chaleur ambiante (entre 25 et 30° en moyenne) ça peut vite devenir l’enfer. J’ai eu tellement de mal à le supporter que je me trouvais toujours un espace vert, un coin au calme pour souffler. Ca y est, je n’étais plus habituée à la vie citadine et voilà que je me retrouve dans un pays où il y a un centre commercial (géant) à chaque station de métro.


 Singapour m’a mise une claque architecturale.

Ici, c’est le gros terrain de jeux des architectes, on dirait qu’ils ont eu carte blanche pour imaginer tout et n’importe quoi. Certains bâtiments de Singapour te propulsent dans un futur que tu ne trouvais jusqu’alors que dans les BD et les romans. Le nez en l’air, j’avais l’impression de voir en vrai les décors de mes livres de chevet favoris. Ici, un musée est une fleur de lotus, un hôtel un paquebot géant, un théâtre un durian (qui pue pas), un pont une séquence ADN, des serres des nuages au sol et les buildings grattent le ciel aux côtés d’arbres métalliques géants.


Singapour m’a mise une claque de contrastes.

Les buildings et l’architecture du XXIème siècle côtoient les maisons coloniales, les temples bouddhistes, taoistes et les mosquées ainsi que des havres de jungle. La ville est surpeuplée, bruyante, stressante, mais on est jamais loin d’un parc ou d’un jardin avec des arbres et des plantes tropicales immenses. De même, Singapour m’étonne avec sa population multiculturelle. Ici, les Chinois, les Indiens, les Malaysiens, les Indonésiens et les Européens sont tous Singapouriens avant tout. Chaque culture a gardé son identité propre et ses coutumes, et c’est ce qui fait le charme de la ville où l’on passe en quelques minutes de Little India à Kampong Glam à Chinatown. C’était le Ramadan lorsque j’étais à Singapour et je me suis retrouvée en pleine fin de Ramadan, Hari Raya comme ils l’appellent ici. Hari Raya est même un jour férié à Singapour. Les semaines précédant Hari Raya, il y a un bazar géant aux alentours de Paya Lebar avec des marchands de tapis, des étalages de nourriture, des vêtements, de la musique… Le Ramadan c’est la fête pour tous, il y a des décorations partout ! Il ne faut pas oublier que l’Asie du Sud-Est compte une forte population musulmane et pour moi c’est la première fois que je découvre cette facette (de surconsommation ?) du Ramadan.


Singapour m’a mise une claque propre et ordonnée.

Ce qui n’était que chaos à Bali est ordonné à Singapour. Tout y est propre, en place et régi par tant de règles que ça frise le ridicule. Il y a des panneaux d’interdiction partout, où les montants des amendes sont précisés dans chaque cas. Les Singapouriens sont un peu des maniaques de l’ordre, du contrôle et du respect des lois. Et gare à celui qui ne respecterait pas la loi, sachant qu’en prime la délation est encouragée (il y a un groupe Whats’App dédié pour balancer des photos des concitoyens pris sur le vif en train de fauter – non je n’exagère pas) Pour exemple, le chewing-gum a été banni à Singapour depuis 1992, il est impossible d’en acheter sur le territoire (sauf ceux prescrit médicalement) et les cracher par terre est passible d’amende. De même, il est interdit de pisser dans la rue, et les citoyens sont légalement (j’insiste là-dessus) tenus de tirer la chasse après avoir faits leurs besoins aux toilettes. Et il y en a à la pelle des lois comme ça. Singapour a transformé le bon sens en lois dans l’intention de devenir une ville propre et parfaite. Parfois, ça ressemblerait presque à 1984 d’Orwell. Mais ça fonctionne. Les Singapouriens vivent dans une ville propre et en sécurité car le taux de criminalité est ridicule.


Singapour m’a mise une claque culinaire.

Mes papilles ont passé beaucoup de bon temps dans la cité-état, où il est possible de découvrir tous les jours un nouveau type de cuisine. Singapourienne, Indienne, Malaysienne, Indonésienne, Vietnamienne, Chinoise, Japonaise, etc… Toutes les influences de la cuisine asiatiques se retrouvent dans les Food Courts et les Hawker Centers. J’y découvre un Carrot Cake qui a rien d’un gâteau, car il est composé de morceaux de radis fris. Je m’enfile aussi une gelée de haricots rouges avec de la glace pilée (Ice Kacang) et malgré la bizarrerie de la chose, je me régale ! J’emporte avec moi un pot de Kaya, cette pâte à tartiner à la noix de coco. Par contre, je conseille la prudence pour ce qui est des Durians. Ces fruits asiatiques sont très spéciaux, notamment par leur odeur : ça pue comme du fromage. Et étrangement au goût c’est pareil, ça m’a évoqué une vieille chaussette tartinée de Munster qui aurait pris le soleil pendant une année sur le pare-brise arrière d’une voiture.


Singapour m’a aussi mise une claque de libraire.

Dans le quartier de Tiong Bahru, j’ai trouvé LA librairie. Tu sais celle qui existe dans ta tête, dans tes rêves les plus fous. La librairie qui possède sa propre maison d’édition, et promeut les ouvrages inédits et locaux. La librairie où les chats se prélassent sur les bouquins et se laissent papouiller à loisir. La librairie où tu peux payer le prix que tu choisis sur certains ouvrages, le but étant de te faire découvrir un nouvel auteur. La librairie où les pièces de Scrabble servent à marquer les différentes catégories sur les étagères. La librairie qui organise de multiples évènements, dédicaces, concerts, cafés philo, et s’intègre parfaitement dans le vie du quartier. La librairie qui, dans son arrière salle te propose une boutique avec des objets d’artisans locaux, un peu de brocante et des sacs en tissus pour transporter tes bouquins. J’y ai passé une heure à Books Actually, à me laisser transporter par l’ambiance de l’endroit. A Singapour, je suis tombée amoureuse d’une librairie.

Y ALLER: Books Actually9 Yong Siak St, Singapour


Singapour m’a mise une claque d’échecs.

A part Brenna et Kabila, mes rencontres se sont soldé de beaux échecs. Mon hôte Couchsurfing m’a accueilli avec gentillesse et confort dans son immense appartement (de riche), mais quelque chose clochait. Bien qu’il travaillait et qu’il n’avait pas beaucoup de temps, il ne m’a pas présenté ses enfants (qui vivaient sous le même toit quand même) et n’était pas intéressé lorsque je lui proposais des activités. Plus tard, il m’avouait ne recevoir que des filles, car il pouvait se sentir très seul… Ouais. Non seulement lui et moi on a pas accroché, mais en prime ses intentions à mon égard étaient louches. Fort heureusement, rien de bien mauvais n’est arrivé si ce n’est ce malaise constant. Ça reste à ce jour ma seule expérience déplaisante de Couchsurfing. J’ai rencontré d’autres personnes via le site, pour boire des coups ou se balader, mais le courant n’est jamais vraiment passé. Sauf avec Kabila, une jeune Singapourienne adorable qui m’a emmenée manger un délicieux repas Indien.


Singapour m’a mise une claque de clap de fin.

C’était la fin d’un long voyage qui aura duré une année. Mes émerveillements étaient entrecoupés de moments de doutes, de perte de repères et d’équilibre. Le futur était lumineux, puisque tout y était à inventer. Mais je me connais, j’ai la nostalgie facile. Chaque part de Singapour me ramenait en Nouvelle-Zélande, où je comparais l’incomparable. « Est-ce que je suis déjà trop décalée ? » écrivais-je alors, « trop dans ma bulle néo-zélandaise ? Et ça me coûte de faire des efforts, vraiment. Je voudrais juste qu’on me laisse tranquille, je veux hiberner pendant une semaine. » Une chose était sûre, j’étais pas prête à rentrer en France.


Alors, merci Singapour pour toutes ces claques. Il était important pour moi de me souvenir que le monde a encore pleins de beautés en stock, et qu’elles ne sont pas toutes néo-zélandaises.


LES CLAQUES DE SINGAPOUR
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4 thoughts on “LES CLAQUES DE SINGAPOUR

    • 29 August 2016 at 21 h 23 min
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      Si tu as l’occasion, Hanane, ça vaut vraiment le coup d’oeil! Singapour est vraiment unique en son genre!

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  • 4 September 2016 at 12 h 27 min
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    It definitely sounds like an interesting city… I’m not sure if I wuld like it though. Maybe just for a layover. 😉

    But that bookstore sounds fantastic! I’m dreaming about it!

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    • 4 September 2016 at 21 h 39 min
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      A layover is well enough to discover the city!
      Singapore has some must-sees attractions that can easily be done in two or three days (even though I recommend at least an entire afternoon and evening to witness the beauty of Gardens by the Bay!) It’s a nice layover when you’re traveling through Asia 🙂
      I just realize now that there are quite a lot of mistakes and misspelling in this post, even though I read it a few times before posting it, sorry about that!

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