POURQUOI TU DEVRAIS PARLER AUX INCONNUS #2



CES RENCONTRES SUR LA ROUTE… OU AILLEURS

EPISODE # 2 – DRAGUE & INSPIRATION

(Read this post in English, baby!)


« Ne parle pas aux inconnus ! » On a tous entendu ça à un moment ou un autre, plus particulièrement pendant l’enfance. L’inconnu est terrifiant, pétri de mauvaises intentions, surtout avec ses bonbons qui pétillent et ses manteaux d’hiver. Entendons-nous bien, c’est bien plus qu’un bon conseil pour les enfants, l’innocence de l’enfance étant étrangère à la méfiance, à la prudence, et on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Mais… Pourquoi ce conseil reste-t-il ancré en nous bien des années plus tard ? Est-ce vraiment à raison ? On n’en ferait pas un peu trop à se braquer comme ça devant les inconnus, et à ne se préoccuper que de notre petite bulle confortable ?

Ici je vais te démontrer par A + B comme finalement c’est vachement cool parfois de se laisser aller vers l’inconnu, du lui faire un peu confiance, et surtout de prendre le temps de… Simplement parler.

En voyage, on recueille sans le chercher pleins de petits actes de générosité gratuite. On y est sûrement plus ouverts, plus dépendants aussi. Ici, j’ai voulu partager ces rencontres, ces actes de générosité, ces surprises, et ce que j’en ai retiré. J’ai pleins de petites histoires en stock que j’aimerais développer et j’espère que cette petite série aura le mérite d’apporter un regard différent et optimiste sur le monde.

Moi, j’te le dis. Tu peux parler aux inconnus. C’est que du bonheur.


LE LONG DE L’ILL, STRASBOURG, FRANCE

NOVEMBRE 2016

Street Art à Strasbourg

Je rentrais chez moi dans le froid caractéristique de l’hiver strasbourgeois. Je sentais le froid s’insinuer sous mes gants en laine. L’hiver allait être rigoureux, c’est sûr. Peut-être y aurait-il même de la neige bientôt?

Je souriais, peut-être même que j’avais la démarche sautillante en écoutant de la musique à fond les ballons dans mes écouteurs. Peut-être même que c’est le vin chaud qui me grise. J’avais passé une putain de bonne soirée avec des amis, des Couchsurfeurs aussi, au Marché de Noël qui venait d’ouvrir. Je pouvais pas être plus heureuse ce soir-là : Strasbourg étincelait de ses mille feux de Noël, j’étais pompette et ma soirée avait été pleine de rencontres et de fous rires.

Strasbourg et ses décorations de Noël

Alors que je souris bêtement en marchant, ce gars m’interpelle. Je suis d’une telle bonne humeur que je m’arrête. En général je ne m’arrête pas. Si on t’aborde au milieu de la nuit à Strasbourg, y’a de fortes chances que ce soit par un relou. Et effectivement, sous prétexte de me taxer une clope, le garçon m’enchaîne de questions. Sur mon âge, si je suis célibataire, ce que je fais dans la vie, si je suis strasbourgeoise. Ouais, je sens le plan drague à 42 kilomètres à la ronde, là. Mais je m’étonne, il est jeune ce garçon, j’suis tellement emmitouflée qu’il capte pas que j’ai au moins 5 ans de plus que lui (voire 10, bordel c’que je suis vieille) ?

Mais je me prends au jeu. Parce que j’ai le temps, parce que je suis saoule, parce que ça m’amuse. Je lui parle de mon récent voyage en Nouvelle-Zélande et de mes projets futurs, pensant couper court à ses entreprises romantiques. Mais aussi parce que ça fait un moment maintenant que je me retrouve perplexe quant aux types de réponses que je peux donner à toutes ces questions. Et là, le plan drague prend un tour inattendu : Jason, coach sportif, sortant de 18 mois de prison, a des rêves pleins la tête. Plus rien ne le retient ici, me sort-il. Il n’a rien à perdre. Il aimerait carrément m’accompagner.

C’est cette Nouvelle -Zélande là que j’essaie de décrire à Jason.

J’éclate de rire et je lui parle de paysages de Nouvelle-Zélande, de la facilité des choses une fois qu’on se décide. Il me parle de Londres, d’Egypte, de ces petits rêves qui sont dans les coins de sa tête. Il est un peu éméché, je le vois bien, Jason, à confier ses rêves à la première inconnue rencontrée dans la rue. Moi je lui souris, je lui dis qu’il n’a pas idée de combien c’est facile de réaliser ses rêves si tant est qu’on a le courage d’oser. Et j’insiste, mais oui, mec, lance-toi, prends tes c*** en main et tout ira bien. Tu sais pas parler Anglais ? Et bien t’apprendras. Tu ne sais pas où loger ? Il existe maintenant de multiples manières de voyager à bas prix.

Le froid devient plus mordant encore, et je prends congé. Je laisse derrière moi un Jason souriant. Je pense que je lui ai fait sa soirée à ce jeune homme. Ça me fait encore sourire, tu sais, parce que j’ai l’impression de lui avoir refilé une bouffée d’inspiration. Et qui sait, peut-être bien que demain Jason s’achètera des billets d’avion pour Londres ?


C’est décidé. Je repars.

Et d’un coup d’un seul, je me rappelle, pour moi-même, qu’il faut bien que j’arrête de m’en faire. J’inspire un grand coup.

C’est décidé. Mes impulsions vagabondes ne peuvent pas attendre plus longtemps. Je vais repartir bientôt. (A Taïwan.)



POURQUOI TU DEVRAIS PARLER AUX INCONNUS #2

2 thoughts on “POURQUOI TU DEVRAIS PARLER AUX INCONNUS #2

  • 2 March 2017 at 12 h 35 min
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    Haha this sounded weirdly familiar to me… I’ve definitely had those nights of talking to a guy whose intentions are clearly flirtatious because why not, I’m bored, and I end up nonstop talking about travel… And I may have inspired a couple along the way! Sometimes all you need is that one conversation with the right person to put your own plans into action. Hopefully that’s what happened with this young gentleman!

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    • 5 March 2017 at 13 h 03 min
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      I’m really wishing everyday that he booked some plane tickets to London! 😀

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