LA ‘ROUTE DOREE’ DE RUIFANG A FULONG


Si tu prévois une escapade au Nord de Taïwan, tu devrais absolument considérer de t’embarquer à bord de la Golden Fulong Shuttle. Il s’agit d’une navette touristique qui effectue le trajet Ruifang-Fulong le long de la côte nord-est de Taïwan. Cette partie de la côte est superbe pour ses formations rocheuses improbables, ses plages, ses falaises et ses montagnes rondes et embrumées.

On appelle cette route, la Golden Route car la région aux alentours de Jiufen est célèbre pour ses mines d’or, ses cascades aux couleurs chatoyantes, ainsi que ses rochers érodés aux formes bizarres de cette même couleur dorée. Au bout de la route se trouve Fulong avec sa fameuse plage de sable blond.

Une route pleine de promesses dorées.

(Read me in English, baby!)


Voici les arrêts qu’effectue la navette (en gras, les stops où je me suis arrêtée):

RUIFANGJIUFEN -GOLD MUSEUM –GOLD WATERFALLSNANYA NANXIN TEMPLEBITOULONGDONG BAY –AODI –YANLIAO –FULONG


THE GOLD WATERFALLS – LES CASCADES DOREES

Ces cascades sont de loin les plus improbables qu’il m’ait été donné de voir. Les rochers d’un jaune-brun un peu brillant rendent l’eau encore plus claire. Le contraste avec les montagnes verdoyantes aux alentours n’en est que plus vif. On dirait que des cascades d’or se précipitent des montagnes.

La couleur improbable des rochers ici est due aux mines de cuivre qui fleurissaient dans la région. La pluie a fait son petit effet, et le cuivre s’est déposé sur les rochers. Malheureusement, cela veut aussi dire que l’eau n’est clairement plus potable.

 


TEMPLE DE NANYA NANXIN

Je savais que les fameuses formations rocheuses que j’étais venue voir étaient juste ici, de l’autre côté de la route. Près de la mer. Mais il y a avait ce petit chemin vers les montagnes qui m’appelait. Les petits chemins m’appellent toujours. Du coup je l’ai suivi. C’était un peu boueux, c’était un peu glissant, et le chemin devenait de plus en plus étroit alors que je m’enfonçais dans la jungle. Les papillons et les libellules dansaient à mon arrivée dans un feu d’artifice de couleurs. Noirs, blancs, bleus, oranges.

 

Ça devenait dur de suivre ce chemin, je regrettais bien vite de ne pas être assez équipée ce jour-là – quelle idée de baroudeuse en carton d’être venue en Converse et d’avoir laissé mes chaussures de marche à Taipei. Et puis soudain, j’ai commencé à penser aux serpents. Comme une obsession. Et j’avais les jambes nues. J’ai flippé et je suis revenue en arrière. Okay, clairement, je suis un peu chochotte.

Et puis les rochers se sont avérés être un tout aussi beau spectacle. Je pouvais facilement imaginer un Cornetto glacé en face de moi, au milieu de ce paysage lunaire (ou martien). L’Océan s’étalait devant moi, mon Dieu ce qu’il m’avait manqué le Pacifique. Y’a rien qui m’apaise plus que le bruit des vagues. Je suis à mille lieux du trafic étourdissant de Taipei. Et putain c’que c’est bon.


BITOU

Sur ma carte, on dirait bien qu’il y a un phare à Bitou, le Bitou Jiao, ainsi qu’un petit chemin de randonnée. Je transpire déjà comme un coyote, mais je crève d’envie de perdre en nature : je commence à être gavée du bus. Bon, comme la plupart des randos à Taïwan, il y a des escaliers à gravir tout le long, c’est un peu frustrant de ne jamais foutre les pieds au sol. Malgré tout, ce petit chemin de randonnée est tout simplement éblouissant.

Commençant dans la jungle, puis s’élevant sur les crêtes, la vue au sommet est étourdissante. Ce que je vois là-haut est soit bleu, soit vert. Les montagnes rondelettes d’un côté, et l’Océan Pacifique de l’autre. Je suis le chemin sur les crêtes, alors que le soleil me brûle le corps – il n’y a plus d’arbre pour me protéger et je suis si exposée que je peux sentir mon visage bruler.

Je sue comme c’est pas permis, mais je suis joyeuse. Mes pensées sont en roue libre alors que j’écoute de la musique sur mon lecteur mp3. Je danse même un peu quand personne ne regarde. Ca faisait longtemps.


LONGDONG BAY

Il n’y a pas grand-chose à faire dans ce petit village, à part si tu es du genre fan de plongée/apnée/snorkelling. Après une petite marche de 15 min au sud du village, je me trouve au port de pêche de Longdong. On peut louer ici tout le matériel nécessaire pour faire du snorkelling incluant masque/tuba/chaussures et gilet de sauvetage.

Depuis le port, ces flèches rouges vont m’emmener à travers rochers et broussailles vers un super spot de snorkelling appelé Dragon Cave. L’eau est super claire et les poissons super colorés : des bleus électriques, des jaunes, des arc-en-ciel, c’est la folie. Il est possible de grimper sur le rocher juste en face, il y a des cordes un peu partout pour sauter dans l’eau. J’ai mis une bonne demi-heure à me décider – pourtant ça doit pas être beaucoup plus haut que 3mètres- sensation forte garantie !


FULONG

Fulong, c’est le dernier arrêt de la navette. Il faut se délester de 100NT$ pour accéder à la plage, ce qui me révolte totalement : je veux dire, depuis quand faut-il payer pour aller à la plage, bordel ? Je comprends par la suite que cette plage est populaire pour son sable blond (la majorité des plages étant faites de rochers ici), et qu’il s’agit d’une plage privée, appartenant à l’hôtel voisin. (Mais quand bien même, je déteste toujours le fait de payer pour aller à la plage. Bordel.)

Je suis surprise, cependant. Il y a un concours de châteaux de sable sur la plage de Fulong ! Et encore quand je dis château de sable, c’est un euphémisme, car je reste sans voix devant ces sculptures géantes. Les détails sont si fins et délicats, que j’en reste abasourdie, surtout devant cette immense sculpture d’une sorte de dôme perché sur une colline, que même Spiderman se met à escalader.

J’ai pas mon maillot de bain, et de toutes manières le carré d’Océan délimité pour la nage est bien trop petit pour nager. Il paraît que la côte de Taiwan est dangereuse pour nager, les fonds marins étant rapidement très profond et les courants très forts. Mais bon, ça c’est ce que les Taïwanais disent. Et beaucoup d’entre eux ne savent pas nager. J’y trempe mes pieds malgré tout. La première fois que je remets mes pieds dans le Pacifique depuis que j’ai quitté la Nouvelle-Zélande. Sa fraîcheur me souhaite la bienvenue.

 


JE SUIS SEULE ET JE LE VIS BIEN

Sur le chemin du retour, je m’arrête à nouveau à Jiufen. Je crois que j’en suis un peu tombée amoureuse, de cette ville surpeuplée de touristes. Il y a assez de salons de thé pour me faire me sentir à la maison pendant un petit moment. Aujourd’hui, j’ai enfin pu passer du temps à contempler l’Océan. Aujourd’hui, j’ai enfin pu passer du temps à randonner les montagnes. Deux choses qui me manquaient terriblement lorsque j’étais à Taipei. Je le ressentais au fond de mes tripes, ce besoin de me retrouver seule un certain temps, pour laisser mon flux de pensée vagabonder tranquillement alors que je me retrouve en pleine nature.

La plupart des gens s’inquiètent de me savoir toute seule. Mais tu sais quoi ? J’apprécie mes moments de solitude tout autant que j’apprécie de faire de nouvelles rencontres ou de créer de nouveaux liens avec mes amis. Je suis une rêveuse, bordel. Ce qui veut dire que mon imagination peut enfin se lâcher uniquement lorsque je suis toute seule. Et j’ai découvert en Nouvelle-Zélande que la randonnée est clairement mon moyen préféré pour rêvasser de tout mon saoul. Aujourd’hui, mes rêveries étaient faites de ces choses qui auraient pu arriver si j’étais restée en France, et de toutes ces autres qui pourraient m’arriver si je restais à Taïwan.


A la fin de la journée, j’avais pris ma décision. Finalement, je préfère remplir mes journées de rêveries, de randonnées et de montagnes rondelettes aux abords de l’Océan.

En fait, c’est vraiment de ça dont j’ai besoin. Et je sais exactement où les trouver.


Y ALLER:

THE FULONG GOLDEN ROUTE SHUTTLE BUS – départ de Ruifang


 

LA ‘ROUTE DOREE’ DE RUIFANG A FULONG
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