Je pense donc je fuis

ET JE TOMBE AMOUREUSE TOUS LES 4 MATINS

ET JE TOMBE AMOUREUSE TOUS LES 4 MATINS

J’attends souvent le prochain feu vert, le prochain train en partance vers une nouvelle remontée mécanique qui fera valser mes chaussures aux vents, me fera m’enflammer comme la première fois, avec le goût grisant du vertige dans la bouche. J’ai des papillons qui s’agitent dans mes tripes dans la montée, peut être que je vais trop haut?
Mes pieds déjà ne touchent plus le sol quand t’as pris ma main  dans les ruelles de Kyoto.

POURQUOI TU DEVRAIS PARLER AUX INCONNUS #6 – LE WORLD INN

POURQUOI TU DEVRAIS PARLER AUX INCONNUS #6 – LE WORLD INN

Un peu comme une famille, on prenait soin les uns des autres. On cuisinait ensemble après le travail. Emma m’aidait à séparer le blanc des jaunes pour la mousse au chocolat. Vincent m’aidait à acheter des billets de train à la machine du Family Mart où tout est écrit en Chinois. J’allais nager avec Emma à Notre Plage. Je dormais avec Vincent au 7/11 de Luye pour aller voir les montgolfières.

POURQUOI TU DEVRAIS PARLER AUX INCONNUS #5 – C’ETAIT NOTRE PLAGE

POURQUOI TU DEVRAIS PARLER AUX INCONNUS #5 – C’ETAIT NOTRE PLAGE

J’me rappellerais toujours de la première fois où elle m’a emmenée à notre plage. C’était sa plage à elle d’abord, le spot qu’Emma avait choisi pour aller nager presque tous les jours, rencontrant des pêcheurs sur son chemin. Je la suivais alors qu’elle fonçait sur son vélo, essayant de mémoriser chaque rue et chaque virage, et je me suis retrouvée un peu perplexe en arrivant. C’était pas une plage de sable. C’était une plage de rochers, de galets, avec pas mal de déchets en plus. Mais c’était extraordinaire d’avoir la chance d’aller nager dans l’Océan tous les jours. Ouais, c’est comme ça que je me sentais dans les vagues : chanceuse.

LES TRAINS SONT FAITS POUR PLEURER

LES TRAINS SONT FAITS POUR PLEURER

Je voulais plus de nature, je voulais plus d’aventures, et je m’étais décidée à quitter Taipei et partir pour l’Est de Taïwan. Mon plan, passer deux semaines à Hualien pour pouvoir explorer le Parc National de Taroko et les environs, puis faire doucement mon chemin vers le Sud.

Sauf que, toi-même tu sais, je suis plutôt nulle en ce qui concerne les plans.

LA CABANE DE TRISTESSE

LA CABANE DE TRISTESSE

Malheureusement, et même en voyage, il y a un endroit que je trimballe toujours avec moi : ma cabane de tristesse.
Jusqu’à récemment, elle n’avait pas de nom, c’était même pas une cabane en fait. Sans forme précise. Mais ça a toujours été là d’aussi loin que je m’en souvienne. C’était juste un endroit un peu sombre où j’allais me réfugier des fois, sans vraiment savoir pourquoi ni comment.

Y’A 4 ANS, JE PERDAIS MON JOB DE RÊVE.

Y’A 4 ANS, JE PERDAIS MON JOB DE RÊVE.

Y’a 4 ans, j’me suis battue pour une cause, j’me suis battue pour un job –qui je pense est toujours l’un des plus beaux métiers du monde, j’me suis battue pour l’importance de l’accès à la culture, et j’me suis battue par solidarité pour mes collègues, qui pour la majorité d’entre eux étaient aussi mes amis. Mais avant tout, et pour la première fois de ma vie, j’me suis battue pour moi-même. J’pouvais le sentir dans mes tripes : « Céline, si tu ne te défends pas, si tu ne te bats pas, tu vas le regretter toute ta vie. » Donc, j’ai rejoint l’offensive. Je pouvais pas regarder le bateau couler sans rien faire.